Parasomnie : symptômes, types, examens et traitements

Parasomnie : gestes ou rêves agités la nuit ? Comprenez, identifiez vos déclencheurs et sécurisez vos nuits grâce à des solutions simples.

La parasomnie désigne des comportements ou perceptions anormaux pendant le sommeil : gestes automatiques, paroles, cris, éveils partiels mal mémorisés. Souvent bénigne chez l’enfant, elle devient préoccupante si elle provoque des blessures, perturbe fortement les journées ou apparaît à l’âge adulte. Demandez un avis pour sécuriser les nuits et choisir la prise en charge adaptée.

Qu’est-ce qu’une parasomnie ?

Une parasomnie correspond à un événement involontaire pendant votre sommeil ou aux transitions veille–sommeil : geste, parole, cri ou perception inhabituelle sans intention consciente.
Les épisodes sont brefs, souvent impressionnants, avec une conscience réduite et peu ou pas de souvenir au réveil.

Physiologiquement, il s’agit d’un réveil incomplet du cerveau : certaines zones s’activent tandis que d’autres restent en sommeil.

Le sommeil lent profond correspond à la phase la plus réparatrice, où le cerveau ralentit et où le corps récupère intensément. Dans cette phase, des automatismes ou des déplacements peuvent apparaître sans pleine conscience.

Le sommeil paradoxal est la phase des rêves intenses. Le cerveau est très actif alors que le corps est normalement immobile grâce à une atonie musculaire — c’est-à-dire un relâchement complet du tonus des muscles qui empêche de bouger. Quand cette inhibition est incomplète (hypotonie) ou se relâche transitoirement, le rêve peut s’exprimer par des gestes ou des paroles.

Ces phénomènes vont d’épisodes occasionnels, fréquents chez l’enfant, à des formes répétées qui perturbent votre repos et votre sécurité nocturne.
Ils ne relèvent pas d’une mauvaise volonté et peuvent coexister avec d’autres troubles du sommeil.


Types de parasomnies

Les parasomnies sont classées selon trois repères simples :

  1. Le stade de sommeil : la phase de la nuit dans laquelle l’épisode survient (par exemple, sommeil lent profond en début de nuit ou sommeil paradoxal, phase des rêves, plutôt en seconde moitié de nuit.
  2. Ce qui se passe pendant l’épisode : mouvements, paroles, perceptions, émotion marquée.
  3. La tranche d’âge où le trouble débite le plus souvent : enfance, adolescence ou âge adulte.

Ces repères vous aident à relier vos symptômes au stade de sommeil concerné et à reconnaître les profils les plus courants chez l’enfant et chez l’adulte.
Vous pouvez cumuler plusieurs parasomnies, et leur type ou leur fréquence peuvent évoluer avec le temps et selon les déclencheurs.

Trois familles sont distinguées : Parasomnies NREM, Parasomnies REM, Phénomènes apparentés.

Types de Parasomnies NREMCe qui est observé
Éveils confusionnelsRéveil partiel avec désorientation, regard vide, et réponses lentes. Souvenir faible ou absent.
SomnambulismeLe dormeur se lève et marche sans pleine conscience. Les yeux souvent ouverts, et les paroles brèves et automatiques. Amnésie au réveil.
Terreurs nocturnesCri ou sursaut soudain et peur intense en début de nuit. Sueurs et rythme cardiaque rapide. Inconsolable quelques minutes. Souvenir absent.
Comportements sexuels en sommeil (sexsomnie)Actes sexuels réalisés en sommeil profond sans intention consciente. Souvenir limité au matin.
Trouble alimentaire lié au sommeilLe dormeur mange la nuit en éveil incomplet. Choix d’aliments parfois inhabituels. Souvenir partiel ou amnésie.
Énurésie nocturneMictions involontaires pendant le sommeil au-delà de l’âge attendu ou à l’âge adulte.
Types de Parasomnies REMCe qui est observé
Trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP)Rêves vifs « agis » en seconde moitié de nuit avec gestes ou vocalisations. Réveil rapide et souvenir du rêve fréquent.
Trouble cauchemar (cauchemars récurrents)Réveil avec souvenir clair d’un rêve effrayant. Pas de gestes associés pendant le sommeil. Retentissement émotionnel possible dans la journée.
Paralysie du sommeil récurrente isoléeImpossibilité de bouger à l’endormissement ou au réveil alors que la conscience est présente. Sensations ou images très vives possibles.
CatathrénieGémissement prolongé à l’expiration pendant le sommeil, surtout en fin de nuit. Phénomène sonore bénin sans apnée ni désaturation.
Types de Phénomènes apparentésCe qui est observé
SomniloquieParoles brèves pendant le sommeil. Épisode court et non mémorisé.
Hallucinations liées au sommeilImages ou sons très vifs à l’endormissement ou au réveil. Conscience présente. Durée brève.
Syndrome de la tête qui exploseSensation de « bang » ou flash sonore ou visuel au moment de s’endormir, indolore mais anxiogène.
Myoclonies hypniques (sursauts d’endormissement)Sursaut unique au moment de s’assoupir avec parfois sensation de chute.

Parasomnies NREM

Le terme « NREM » désigne le sommeil non paradoxal.
Il regroupe les phases sans rêve franc, dont le sommeil lent profond.

Les parasomnies NREM surviennent le plus souvent dans le premier tiers de la nuit lors d’un réveil incomplet.
Vous pouvez avoir les yeux ouverts, paraître désorienté(e), répondre de façon automatique et ne garder qu’un souvenir limité au matin.
Le sommeil reprend généralement rapidement.

Ces épisodes sont fréquents chez l’enfant et ils augmentent avec la privation de sommeil, le stress ou la fièvre.

Voyons ensemble les types de parasomnies NREM.

Éveils confusionnels

Vous vous réveillez partiellement au lit et vous paraissez absent(e).
Vous parlez peu, vous répondez lentement et vous vous rendormez en laissant un souvenir faible ou nul.

Somnambulisme

Vous vous levez et vous vous déplacez sans pleine conscience.
Vos yeux peuvent rester ouverts avec un regard fixe.
Vous prononcez parfois quelques mots puis vous vous rendormez sans souvenir clair.

Terreurs nocturnes

L’épisode commence par un cri et une peur intense.
Votre rythme cardiaque s’accélère, vous transpirez et vous êtes difficile à rassurer pendant quelques minutes.
Au réveil, le souvenir est absent ou très flou.

Comportements sexuels en sommeil (sexsomnie)

Également appelée sexsomnie, cette parasomnie correspond à des comportements sexuels pendant le sommeil sans intention consciente.
Le couple ressent souvent une gêne et le souvenir au matin reste limité.

Trouble alimentaire lié au sommeil

Vous mangez la nuit dans un état de conscience partielle.
Les aliments choisis peuvent être inhabituels et le souvenir au réveil est lacunaire.
Ce tableau se distingue du syndrome d’alimentation nocturne qui relève d’une autre problématique.

Énurésie nocturne liée au sommeil

Vous urinez de façon involontaire pendant le sommeil au-delà de l’âge attendu ou à l’âge adulte.
Le retentissement est surtout émotionnel et social.


Parasomnies REM

Le terme REM désigne le sommeil paradoxal.
C’est la phase du sommeil où les rêves sont les plus intenses.

Normalement, une atonie musculaire bloque les mouvements.
Lorsque cette atonie disparaît ou devient incomplète, les rêves peuvent s’exprimer par des gestes ou des paroles.

Les parasomnies REM apparaissent le plus souvent en seconde moitié de nuit. Vous gardez en général un souvenir du rêve au réveil.

Les types de parasomnies REM sont listés ci-dessous.

Trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP)

Vous mettez en acte vos rêves par des gestes parfois brusques ou des vocalisations.
L’épisode survient généralement en fin de nuit.
Le réveil est rapide et le souvenir du rêve est souvent précis.

Trouble cauchemar (cauchemars récurrents)

Vous vous réveillez après un rêve effrayant dont vous gardez un souvenir clair.
Aucun geste particulier n’accompagne l’épisode, mais l’émotion ressentie peut être forte et retentir sur votre journée

Paralysie du sommeil récurrente isolée

Vous êtes éveillé(e) mais vous ne pouvez pas bouger pendant quelques secondes à l’endormissement ou au réveil.
Votre conscience est intacte et des sensations ou images très vives peuvent accompagner l’épisode.

À ne pas confondre

Une paralysie du sommeil peut survenir de façon isolée, par exemple après une période de stress, de décalage horaire ou de manque de sommeil.
Cet épisode unique reste impressionnant, mais ne traduit pas forcément un trouble du sommeil installé.

La paralysie du sommeil récurrente isolée correspond à des épisodes qui se répètent au fil des mois, sans autre trouble du sommeil associé, et qui finissent par faire redouter le coucher ou perturber la vie quotidienne.
Dans ce cas, il est recommandé d’en parler à un médecin ou à un centre du sommeil.

Catathrénie

Vous émettez un gémissement prolongé à l’expiration pendant le sommeil, souvent en fin de nuit.
Le phénomène est bruyant mais bénin, sans apnée ni désaturation.


Phénomènes apparentés

Ces phénomènes surviennent aux frontières entre veille et sommeil, soit au moment de l’endormissement, soit lors du réveil.

Ils sont le plus souvent bénins et très brefs, mais ils peuvent impressionner par leur intensité ou surprendre l’entourage.

Votre conscience reste généralement préservée, ce qui les distingue des parasomnies NREM ou REM.

Les principaux phénomènes apparentés sont présentés ci-dessous.

Somniloquie

Vous parlez en dormant, parfois par quelques mots ou phrases courtes.
L’épisode est bref, non mémorisé et sans conséquence particulière.

Hallucinations liées au sommeil

Vous percevez des images ou des sons très vifs soit à l’endormissement (hallucinations hypnagogiques), soit au réveil (hallucinations hypnopompiques).
L’expérience est saisissante mais dure peu de temps et vous gardez conscience qu’il s’agit d’une perception liée au sommeil.

Syndrome de la tête qui explose

Vous entendez ou ressentez soudain un bruit violent ou un flash lumineux au moment de vous endormir.
L’épisode ne provoque pas de douleur, mais il peut être très impressionnant.

Myoclonies hypniques (sursauts d’endormissement)

Votre corps effectue un sursaut brusque au moment de l’assoupissement.
Vous pouvez avoir l’impression de tomber.
Le phénomène est fréquent et sans gravité.


Facteurs déclencheurs et comorbidités

Certains éléments rendent vos épisodes plus probables.
Les repères ci-dessous vous aident à savoir ce qui entretient vos parasomnies et ce qui mérite d’être pris en charge en premier.


Sommeil insuffisant, stress, fièvre

Quand vous manquez de sommeil, le sommeil devient plus profond mais moins stable.
Des éveils partiels surviennent plus facilement et les épisodes se rapprochent.
En période de stress, le sommeil se fragmente et les émotions nocturnes s’intensifient.
Lorsque le sommeil est très morcelé au fil des vingt-quatre heures, un trouble du rythme veille-sommeil irrégulier peut aussi entretenir la fragilité des nuits.
Chez l’enfant, une fièvre ou une infection augmente souvent la probabilité d’épisodes en début de nuit.


Alcool, substances et médicaments

Après avoir bu de l’alcool le soir, votre sommeil se désorganise et des épisodes apparaissent plus volontiers en fin de nuit.
Une prise tardive de nicotine ou de caféine retarde votre endormissement et rend votre sommeil plus léger.
Selon votre situation, certains traitements comme des hypnotiques, des antidépresseurs, des antipsychotiques ou des bêtabloquants peuvent favoriser une parasomnie.

Toute adaptation de traitement se décide avec votre médecin.


Horaires et rythmes irréguliers

Des couchers variables, un travail de nuit ou un décalage horaire désalignent votre horloge biologique.
Les épisodes deviennent alors moins prévisibles.
L’exposition aux écrans en soirée retarde la sécrétion de mélatonine et fragmente votre sommeil.
Des siestes tardives et un environnement bruyant augmentent la variabilité de vos nuits.
Un rythme plus stable et de la lumière le matin aident à resynchroniser votre sommeil.


Comorbidités du sommeil

Des apnées du sommeil provoquent des micro-éveils répétés et peuvent déclencher des parasomnies.
Un syndrome des jambes sans repos et des mouvements périodiques des jambes morcellent votre sommeil et facilitent les éveils incomplets.
Le bruxisme du sommeil, c’est-à-dire le grincement ou le serrement des dents pendant la nuit, ainsi que le reflux gastro-œsophagien ou une douleur chronique, altèrent la continuité de vos nuits.
Quand ces troubles associés sont pris en charge, la fréquence des épisodes diminue souvent.


Contexte neurologique et psychiatrique

Des troubles anxieux ou un état de stress post-traumatique s’accompagnent volontiers de cauchemars et d’éveils agités.
Des troubles de l’humeur ou certaines maladies neurologiques modifient la régulation de votre sommeil et peuvent s’associer à des parasomnies.
Après 50 ans, l’apparition récente de comportements nocturnes liés à des rêves vifs évoque un trouble du comportement en sommeil paradoxal et appelle une vigilance particulière pour la sécurité du domicile.


Retentissement, risques et signes d’alerte

Les parasomnies peuvent peser sur votre journée et sur votre sécurité la nuit.
La fatigue, l’attention et l’humeur s’en ressentent quand les épisodes se répètent.

Certains contextes exposent davantage aux blessures, notamment si vous vous levez sans pleine conscience ou si un rêve est agi.

Les repères qui suivent vous aident à évaluer l’impact, à sécuriser l’environnement et à reconnaître les signes d’alerte.


Retentissement diurne

Vous avez dormi, mais le repos ne suffit pas vraiment.
Au réveil, vous vous sentez “à plat”, et la journée vous paraît plus lourde.
La concentration flanche, les petits oublis s’accumulent, l’humeur est plus sensible.
Vous pouvez aussi appréhender l’heure du coucher.
Pour un enfant, c’est souvent plus d’agitation et un peu moins de concentration à l’école.


Risques de blessures et de conduite à risque

La nuit, vous pouvez vous lever sans pleine conscience et perdre l’équilibre.
Escaliers, fenêtres, objets coupants ou bains chauds augmentent le risque.
En cas de “rêve agi”, des gestes brusques peuvent vous blesser, vous ou votre partenaire.
La somnolence du lendemain rend la conduite et certains métiers plus risqués.
L’alcool du soir, des somnifères non adaptés et une chambre mal sécurisée font souvent empirer la situation.

Consultez rapidement si :

  • Vous vivez des épisodes répétés qui vous réveillent souvent ou perturbent votre couple.
  • Vous vous blessez la nuit (même légèrement) ou vous mettez quelqu’un en danger.
  • Vous constatez un début à l’âge adulte, une aggravation soudaine ou une survenue après un nouveau traitement.
  • Vous « agissez » vos rêves ou vous êtes très somnolent(e) dans la journée.
  • Votre entourage observe des pauses respiratoires, des ronflements forts ou des mouvements répétés des jambes.

Quand aller aux urgences ?

  • Vous faites une chute, recevez un coup à la tête, ou présentez une plaie profonde ou une brûlure pendant la nuit.
  • Vous avez un comportement violent et incontrôlé qui crée un danger immédiat pour vous ou pour autrui.
  • Vous restez confus(e) de façon inhabituelle après le réveil.

(En cas de danger vital, appelez le 15 ou le 112)


Diagnostic : démarche et examens

Vous et votre médecin reconstituez vos nuits, puis vous décidez ensemble si un examen est utile.


Description des épisodes

Vous décrivez le contexte, l’heure, ce que l’entourage observe et ce dont vous vous souvenez.
Un proche précise la durée, l’intensité et la sécurité.
Notez les déclencheurs récents et tout changement de traitement.


Outils de suivi simples

Vous tenez un agenda du sommeil sur 2 à 4 semaines.
Si la sécurité le permet, une courte vidéo prise par l’entourage aide à situer le moment de la nuit et à caractériser l’épisode.


Examens du sommeil : quand et lesquels ?

Un examen du sommeil vous sera proposé si la sécurité pose question, si le diagnostic reste incertain, si les épisodes débutent à l’âge adulte ou s’accompagnent d’une somnolence marquée.

Selon la situation, votre médecin pourra demander une polygraphie ventilatoire ou une polysomnographie.
Une option vidéo peut être ajoutée à la polysomnographie (vidéo-polysomnographie) lorsque l’observation des comportements nocturnes est nécessaire.

Les modalités se font en centre ou à domicile selon l’organisation locale.

À ne pas confondre

  • Vous présentez des épisodes très brefs, très stéréotypés, parfois groupés la même nuit : cela évoque des crises d’épilepsie nocturne.
  • Votre entourage observe des ronflements forts, des pauses respiratoires, ou vous avez des maux de tête au réveil : cela oriente vers un dépistage des apnées du sommeil.
  • Des mouvements répétitifs des jambes ou de la mâchoire morcellent vos nuits : cela fait suspecter des mouvements périodiques des jambes ou un bruxisme.
  • Des épisodes surviennent après de l’alcool le soir, des stimulants ou l’introduction d’un nouveau médicament : cela fait envisager un effet de substance ou de traitement.

Particularité avec le trouble du mouvement lié au sommeil

  • Vous observez des comportements complexes pendant la nuit comme parler, vous lever, marcher ou crier. Cela oriente vers une parasomnie.
  • Vos gestes sont simples, répétés et réguliers comme des secousses de jambe en salves ou un grincement des dents isolé. Cela oriente plutôt vers un trouble du mouvement lié au sommeil.
  • Un même signe peut exister des deux côtés. Le contexte fait la différence. En parasomnie, l’épisode dure plus longtemps, avec confusion au réveil ou émotion marquée. Dans un trouble du mouvement, le geste reste bref et stéréotypé sans comportement élaboré.
  • En cas de doute, une courte vidéo d’un épisode et un journal des nuits aident le médecin à trancher

Ce que vous pouvez apporter en consultation

  • Agenda du sommeil
  • Éventuelles vidéos d’épisodes
  • Liste des médicaments et compléments
  • Antécédents médicaux
  • Questionnaire de somnolence (type Epworth) rempli à l’avance

Prise en charge, prévention et traitements

La prise en charge vise à sécuriser vos nuits, à réduire les épisodes et à agir sur ce qui les entretient.
Selon votre contexte, elle combine mesures de sécurité, hygiène de sommeil, approches comportementales et, si besoin, traitements ciblés.


Sécurité et hygiène de sommeil

Sécurisez d’abord la chambre et stabilisez vos rythmes.

Des horaires réguliers, une durée de sommeil suffisante, la lumière du matin et une soirée plus calme rendent le sommeil moins instable.

L’alcool tardif, les écrans le soir et les siestes en fin d’après-midi entretiennent les réveils incomplets.

Une chambre rangée, sombre et à température modérée limite les stimulations nocturnes.

Pour en savoir plus, consultez notre article dédié sur l’hygiène du sommeil.


Approches comportementales et psychoéducation

Identifiez vos déclencheurs personnels et modifiez-les quand c’est possible.

Pour les parasomnies NREM, des « réveils programmés » peuvent aider si les épisodes reviennent à heure fixe (vous vous réveillez volontairement 15 à 30 minutes avant l’horaire habituel pendant 1 à 2 semaines).

Pour les cauchemars récurrents, la thérapie par répétition d’imagerie apprend à réécrire le scénario du rêve et à en diminuer la charge émotionnelle.

Pour la paralysie du sommeil, la régularité stricte des horaires, l’évitement du décubitus dorsal et des techniques de respiration ou de focalisation réduisent la gêne.

Impliquez votre partenaire afin qu’elle sache quoi faire pendant un épisode. Cela améliore la sécurité et diminue l’anxiété du couple.


Traitements spécifiques

Selon la situation, votre médecin peut proposer un traitement ciblé pendant une période définie.

Dans le trouble du comportement en sommeil paradoxal, des options médicamenteuses spécifiques sont discutées avec un suivi régulier.

Dans les parasomnies NREM persistantes et gênantes, un traitement peut être envisagé lorsque les mesures non médicamenteuses ne suffisent pas.

Lorsque des apnées du sommeil, un syndrome des jambes sans repos, un reflux ou une douleur chronique sont présents, leur prise en charge diminue souvent les épisodes.

Toute adaptation de médicament se fait avec votre médecin.


Suivi et prévention des rechutes

Tenez un court agenda des épisodes au début, puis ponctuellement lors des ajustements.

Un point régulier avec votre médecin permet d’adapter les mesures, de revoir les traitements et de maintenir la sécurité à domicile.

Après l’introduction ou la modification d’un médicament, surveillez la survenue d’épisodes dans les semaines suivantes.

Check-list « chambre et domicile sécurisés »

  • Fermez portes et fenêtres et sécurisez l’accès aux escaliers.
  • Éloignez objets coupants, meubles instables et sources de brûlure.
  • Dégagez le passage entre le lit et les toilettes et retirez les tapis glissants.
  • Placez la table de nuit hors de l’axe des mouvements habituels.
  • Rangez les clés de voiture et retirez toute arme de la chambre.
  • Installez un éclairage nocturne discret pour circuler sans éblouissement.
  • Espacez les couchages ou changez de côté si des gestes brusques surviennent.

Que faire pendant un épisode ?

  • Apportez la liste complète de vos traitements et compléments.
  • Vérifiez avec votre médecin l’intérêt des sédatifs pris le soir.
  • Signalez les antidépresseurs et les antipsychotiques susceptibles d’augmenter les rêves vifs ou l’agitation nocturne.
  • Mentionnez les bêtabloquants et les antihistaminiques sédatifs pris le soir.
  • Limitez l’alcool en soirée et évitez caféine et nicotine tardives.
  • Ne modifiez pas vos traitements sans avis médical

Situations particulières selon l’âge

L’âge influence la manière dont les parasomnies apparaissent et évoluent. Les repères ci-dessous vous aident à reconnaître les profils typiques chez l’enfant et après 50 ans.


Enfant et adolescent

La parasomnie est fréquente chez l’enfant et elle disparaît le plus souvent avec la croissance.
Les épisodes surviennent surtout en début de nuit après une fièvre, un coucher tardif ou une journée très chargée.
Votre enfant paraît ailleurs, répond peu et ne garde pas de souvenir au matin.
À l’adolescence, des horaires irréguliers, des écrans tardifs et une dette de sommeil entretiennent les épisodes.
Des cauchemars récurrents peuvent apparaître et une paralysie du sommeil peut survenir plus rarement lorsque les rythmes sont décalés.

Au quotidien, privilégiez des routines stables, une durée de sommeil adaptée et des soirées calmes.

Repères d’alerte

  • Blessures nocturnes
  • Somnolence marquée
  • Baisse de concentration
  • Épisodes tardifs ou très stéréotypés
  • Ronflements avec pauses respiratoires
  • Respiration buccale
  • Énurésie persistante
  • Retard de croissance

Adulte d’âge mûr

Après 50 ans, des comportements nocturnes liés à des rêves vifs peuvent évoquer un trouble du comportement en sommeil paradoxal.
Vous pouvez faire des gestes brusques ou parler en dormant, puis vous réveiller avec un souvenir précis du rêve.
La priorité est de sécuriser votre domicile pour éviter les blessures.
Un spécialiste du sommeil confirme le diagnostic et propose des options de traitement adaptées.


FAQ

La parasomnie est-elle dangereuse ?

Elle peut l’être. Le risque vient surtout des gestes nocturnes incontrôlés qui exposent aux chutes et heurts, et de la somnolence du lendemain qui pèse sur la conduite et les postes à risque. Le niveau de danger dépend du type d’épisode, de sa fréquence, de l’environnement et des déclencheurs. Réduisez-le en sécurisant la chambre, en gardant des horaires réguliers, et en limitant alcool et écrans le soir. Pour les situations où il faut réagir vite, reportez-vous à l’encadré « Quand consulter et quand aller aux urgences ? ».

Que dois-je faire pendant un épisode ?

Restez calme et parlez doucement. N’immobilisez pas la personne par la force. Éloignez les objets dangereux et guidez à distance vers le lit. Après l’épisode, vérifiez l’absence de blessure et notez l’heure et le contexte.

Stress, écrans et manque de sommeil : quel impact ?

Un stress soutenu, des écrans tardifs et une dette de sommeil rendent le sommeil plus instable. Les épisodes deviennent alors plus probables. Avancez l’heure de coupure des écrans, exposez-vous à la lumière du matin, gardez des horaires réguliers et prévoyez une durée de sommeil suffisante.

Paralysie du sommeil ou cauchemar : comment les distinguer ?

Dans la paralysie du sommeil, vous êtes éveillé(e) mais vous ne pouvez pas bouger pendant quelques secondes et des sensations très vives peuvent survenir. Dans un cauchemar, vous vous réveillez en pouvant bouger et vous gardez un souvenir clair du rêve. Des horaires stables et le fait d’éviter de dormir sur le dos réduisent souvent la paralysie.

Peut-on prévenir une parasomnie ?

Vous réduisez le risque en dormant assez, en gardant des horaires stables et en limitant les écrans et l’alcool le soir. La lumière du matin aide à resynchroniser le rythme. Le traitement d’un trouble associé comme des apnées du sommeil ou des mouvements de jambes diminue souvent la fréquence des épisodes.

Conclusion

La parasomnie correspond à des comportements ou sensations involontaires pendant le sommeil. La plupart des situations sont bénignes, mais des blessures nocturnes et une somnolence diurne peuvent survenir. L’expression varie avec l’âge, fréquente chez l’enfant et parfois différente après 50 ans.
Pour une prise en charge concrète, n’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant et à un spécialiste du sommeil.

Patients : Prenez rendez-vous ou demandez à être rappelé(e) pour une consultation avec un spécialiste.

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Ce contenu informatif ne remplace pas un avis médical.

Sources :

Classification ICSD-3 de l’AASM
SFRMS
HAS